MISSIONS PROSPECTIVES SUR LE TERRAIN

Nos missions scientifiques sont dirigées par le Professeur Mario Christian Meyer qui a déjà conduit plus d’une vingtaine d’expéditions sur le terrain. Les équipes envoyées en mission ne sont composées que de quelques personnes qui varient en fonction des projets pluridisciplinaires, intersectoriels, multiculturels et transgénérationnels (des sages, anciens, aux jeunes).

 

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 Exercice périlleux de contournement de ce fleuve tumultueux ! Mission Alto Rio Negro – Tiquié

Le modèle Cogni’Índios© guide les premiers échanges réciproques de connaissances entre les Scientifiques et les “Hommes-médecine”des communautés Índios remotos, afin de baliser le chemin des “symbioses” possibles entre les Sciences modernes et les Savoirs ancestraux dans ce qu’il y a de plus “réel” dans leur environnement et culture : les plantes médicinales qu’ils connaissent des racines aux cimes de la canopée. Ce modèle est leur meilleur rempart contre l’acculturation.

 

QUELQUES-UNES DE NOS MISSIONS

Nous ne présentons ici que quelques missions permettant de construire les projets de développement durable, viables, avec les communautés Índios et d’anticiper l’installation des Plateformes d’innovation dans les Terres indigènes, où une micro-industrialisation verte, moderne, utilisatrice d’énergies sans émission de carbone permettra que les richesses naturelles des forêts d’Amazonie génèrent une économie durable, juste et stable dans ces régions.

RIO JAVARI – VALE DO JAVARI (ETHNIES MARUBO, MATIS, MATSÉS)

La Vallée du Javari offre des atouts considérables pour la valorisation des plantes médicinales et des savoirs associés.
Elle est une des régions les plus isolées du globe, elle est située à l’extrême ouest de l’Amazonie brésilienne frontalière avec le Pérou et la Colombie. Elle est traversée par de nombreux affluents de l’Amazone. Cet éloignement géographique permet à ses Índios de garder un bon niveau de préservation psychoculturelle et linguistique (famille linguistique Pano, majoritairement), notamment dans le domaine des arts graphiques.
Il y existe encore des peuples indigènes n’ayant jamais eu de contact avec les Blancs que l’on nomme les Isolados… c’est le cas des Flecheiros : on ne les a jamais rencontrés, la seule chose que l’on connaisse c’est leur localisation approximative et l’on vient juste de découvrir qu’ils utilisent des masques de cérémonie faits d’écorce d’arbre, des sarbacanes aux fléchettes empoisonnées au curare…
Quatre mille Indios des ethnies Marubo, Matis, Kanamari, Korubo (Mandawaka), Kulina et Matsés (Mayonura) peuplent ce territoire de plus de huit millions d’hectares, deux fois plus et demi plus grand que la Belgique.
Les Marubo sont les plus nombreux de la région avec 1.050 membres, et les Matis parmi les moins nombreux qui ne comptent aujourd’hui en tout et pour tout que 239 Índios. Leur principale volonté est de diminuer l’impact causé par la destruction de leur environnement durant la dernière décennie par des activités illégales des Blancs le long des grands fleuves, telle la coupe ravageuse du bois noble, la chasse, la pêche sauvage et le narcotrafic.

JOUR J : DÉBUT DE LA MISSION

L’épiscopat de la Ville de Benjamin Constant, à la frontière du Pérou, accueille le Professeur Meyer pour la nuit qui précède son départ vers le Vale do Javari. Très tôt, le lendemain matin, il débute les démarches, par radio, pour rassembler quelques Chefs Indiens en un seul lieu d’accès relativement facile pour tous: Atalaia do Norte, le dernier village “blanc” du sud-ouest Amazonien, avant les Andes.

Mission Rio-Javari

 

ALTO RIO IÇANA (ETHNIES BANIWA – KURIPAKO)

Au cours des années nous avons eu plusieurs rencontres avec la plupart des peuples Índios de la Région du Alto Rio Negro de l’État d’Amazonas, autour de la « Cabeça do Cachorro » (Tête de chien). Cette expression imagée est souvent utilisée pour dénommer la plus grande partie de la région du Alto Rio Negro et la plus reculée; elle est inspirée du contour de sa carte géographique qui dessine une tête de chien, gueule ouverte, qui regarde vers l’ouest. Le choix de la région des Hauts du Fleuve Içana et des communautés indigènes Baniwa et Kuripako/Coripaco, des communes de Tucumã-Rupitá – Bela Vista, résulte des discussions approfondies entre le Prof. Dr. Meyer et les différents acteurs du développement amazonien. Elle est l’une des régions qui répond à nos paramètres clés pour traiter des aspects pratiques de l’Alliance « Savoirs ancestraux et Biotechnologies vertes avancées »:
– la richesse des ressources génétiques de cette région est exceptionnelle;
– à plus de mille kilomètres de Manaus à vol d’oiseau, l’aire indigène d’Içana est située au cœur de la forêt vierge, à l’écart de toute ville et de toute pollution, ce qui est une garantie pour la protection de la diversité biologique, mais aussi culturelle, donc propice à la préservation des savoirs traditionnels des tribus;
– elle est également très protégée de la Biopiraterie par les pelotons de frontières et postes avancés de l’Armée brésilienne (7e PEF – Pelotão Especial de Fronteira) et le SIPAM (Système de Protection de l’Amazonie) du Brésil.
– le niveau d’implication des populations locales dans un processus de rapprochement, d’alliance et de coopération avec les Occidentaux est reconnu.

JOUR J : DÉBUT DE LA MISSION

Ayant volé près de 2 000 km depuis Manaus, en suivant le cours des fleuves pour des raisons de sécurité, en cas d’incident exigeant de se poser d’urgence sur l’eau, nous posons l’hydravion tout près de Pamáali, l’école bilingue Baniwa, aux sources du fleuve Içana. Elle se trouve à 5 km de Tucumã-Rupitá, village indien de 200 habitants, où nous nous rendons en pirogue pour traiter avec les Índios de leurs biotechnologies « naturelles » : ils attendent le projet Herb’Içana© avec ferveur !

Mission Alto Içana

CULTURE DE LA NATURE ET COGNI’ÍNDIOS©

Les expéditions scientifiques du PISAD se déroulent au plus profond de l’Amazonie. Pour préparer les ethnies aux activités de bioprospection légale et de valorisation du savoir Índios associé aux Plantes médicinales, les Caciques, Medicine-men et Scientifiques en Mission travaillent de concert à transformer une partie de leur Patrimoine culturel immatériel en connaissances pratiques pour l’économie verte.
L’héritage culturel des Índios a des racines très profondes: leur système de connaissances sur les plantes médicinales s’enracine dans leurs systèmes cosmologiques et leur Mythologie transmise de génération en génération depuis des millénaires. Cette tradition comprend les techniques et pratiques du chamanisme des Medicine-men dont les Savoirs traditionnels sur les plantes médicinales et les remèdes ne sont ni répertoriés ni écrits selon nos codes.
Le PISAD les protège par les droits de propriété intellectuelle (IPR), afin de leur conférer une « valeur d’échange » (co-Brevetabilité), seul moyen d’apporter des activités dignes et des revenus décents aux communautés Índios partenaires et de développer des activités économiques leur assurant autonomie et un développement durable.

MYTHES FONDATEURS DES SOCIÉTÉS ET DES CULTURES

Les mythes, dans toutes les sociétés du monde, intègrent dans l’Univers quotidien l’espace cosmique et terrestre. Ils réinventent la création du monde et la naissance de l’Humanité, tout en expliquant l’origine et la raison des êtres et des choses. Visionnaires, leur source originelle réside dans l’interprétation de l’essence même de la nature et de la société, avec l’introduction des héros porteurs des bienfaits de la civilisation terrestre : hommes, animaux, plantes, eau… incluant des signes symboliques de ce qui s’est passé dans l’espace cosmogonique. Ce fait transculturel fondamental explique que les Mythes constituent des supports d’éléments essentiels de l’identité psycho-sociale d’un groupe humain : ils participent à l’intégration de l’homme dans une réalité qui a un sens, culturel et spirituel certes, mais également pratique. (M., Godelier, Au fondement des sociétés humaines, ce que nous apprend l’anthropologie, Albin Michel, 2007, 292 p.)

 

 

MYTHES ET RITUELS AMÉRINDIENS « PROTECTEURS DE L’HOMME ET DE LA NATURE »

La Plupart des tribus amérindiennes ont une grande activité rituelle basée sur les mythes qui revêt un potentiel de revitalisation psychoculturelle.

Dans la cosmogonie amérindienne (Système de formation de l’univers directement associé aux mythes fondateurs de la symbolique amérindienne) il existe un mélange permanent entre la connaissance empirique et la connaissance métaphorique. Il en résulte une véritable carte symbolique de l’Univers dans laquelle interagissent les ancêtres et les divinités, les animaux et les plantes, les montagnes et les fleuves, les esprits animaux et humains, les entités surnaturelles, les phénomènes atmosphériques et géographiques, les relations écologiques entre ces différents éléments … Les Índios tissent de véritables liens de “consanguinité” avec les autres êtres vivants, ce qui crée une philosophie et une pratique naturelle de respect de la Nature.

Leur intelligence de survie a créé des mythes extrêmement sophistiqués pour assurer cette fonction de protection de l’environnement (« notre grande maison » selon leurs traditions). Les mythes ancestraux et millénaires témoignent de l’extrême fertilité de la terre par la luxuriance de la végétation, par la richesse de la biodiversité, l’extraordinaire éventail de la faune où se côtoient une multitude de mammifères, poissons, insectes et oiseaux ; le fleuve Amazone est également très présent dans la mythologie amérindienne. Aux travers des mythes, les Índios n’abordent pas la relation Nature-Culture  en les considérant comme des entités distinctes, mais dans une continuité où la séparation entre les êtres et les choses reste floue, nuancée…Ils ont beaucoup influencé la culture brésilienne, en inspirant la littérature, les chorégraphies, les festivals tels le carnaval amazonien ou de Rio…

MÉTHODOLOGIE COGNI’ÍNDIOS©

Ce concept original, basé sur le respect des styles cognitifs endogènes, a pour objectif d’associer les Savoirs traditionnels sur les plantes médicinales aux Biotechnologies avancées pour la mise en place d’un programme de développement durable sur le terrain, seule condition pour la sauvegarde des Índios, de leur culture, de la Biodiversité et de l’Environnement Global.

L’approche méthodologique intègre l’ensemble du savoir ancestral des Índios (notamment sur les plantes médicinales), revitalisable par des techniques psychoculturelles, aux connaissances scientifiques et techniques actuelles (notamment les biotechnologies), en lien avec la protection de la Nature et le Développement Durable.